Fin des passoires thermiques (F et G) : l’avenir des locations touristiques

Fin des passoires thermiques : quel avenir pour les locations touristiques classées F ou G ?

Soyons honnêtes : pendant longtemps, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), c’était ce document un peu ennuyeux qu’on rangeait au fond d’un tiroir après l’achat d’un bien. Tant que l’appartement était bien situé et « instagrammable », les vacanciers se souciaient peu de savoir s’il était classé C ou G.

Mais ça, c’était avant.

En ce début d’année 2026, le couperet est tombé. La lutte contre les « passoires thermiques », initiée par la loi Climat et Résilience, n’est plus une menace lointaine : c’est une réalité juridique et économique qui frappe de plein fouet le marché de la location saisonnière.

Vous êtes propriétaire d’un meublé de tourisme classé F ou G ? Vous sentez monter l’inquiétude sur la pérennité de vos revenus locatifs ? Vous avez raison de vous poser des questions. Le cadre législatif s’est considérablement durci, alignant progressivement les contraintes des locations touristiques sur celles des baux classiques.

Pas de panique pour autant. Si la situation est sérieuse, elle n’est pas désespérée. Ce guide est là pour décrypter le calendrier, vous proposer des solutions concrètes et vous montrer comment transformer cette contrainte en opportunité de valorisation.

Le calendrier 2026-2034 : la fin de la récréation pour les meublés touristiques

Pendant des années, un flou artistique a régné : les meublés de tourisme échapperaient-ils aux interdictions de location qui frappent les résidences principales ?

La réponse est désormais claire : NON.

Face à la crise du logement et à la pression sur les marchés tendus, le législateur a sifflé la fin de la partie. Plusieurs textes récents (notamment les amendements visant à réguler le marché type Airbnb) ont acté le principe que pour louer, même pour une nuit, un logement doit être décent sur le plan énergétique.

Voici le calendrier que tout investisseur doit avoir en tête en 2026 :

  • Depuis le 1er janvier 2025 : Les logements classés G ne peuvent plus être mis en location (sauf baux en cours, mais le renouvellement est bloqué). Si votre bien touristique est un « G », vous êtes techniquement déjà hors-jeu dans de nombreuses communes qui exigent un DPE valide pour l’enregistrement.

  • À l’horizon 2028 : L’interdiction s’étendra aux logements classés F. C’est demain. Si vous n’avez pas anticipé les travaux, votre bien sortira du marché locatif.

  • À l’horizon 2034 : Ce sera au tour des logements classés E d’être interdits à la location.

👉 Le point de vigilance « Lou » : Attention aux réglementations locales ! De nombreuses mairies en zones tendues (Paris, Lyon, Pays Basque, Côte d’Azur) ont anticipé ces mesures. Elles conditionnent déjà l’obtention du numéro d’enregistrement obligatoire ou l’autorisation de changement d’usage à la présentation d’un DPE classé au minimum D ou E.

En clair : en 2026, une passoire thermique ne peut quasiment plus être exploitée légalement en location courte durée dans les zones attractives.

Au-delà de la loi : le risque économique et commercial

Rénover n’est pas seulement une obligation légale, c’est une nécessité commerciale. Continuer à exploiter une passoire thermique en 2026 vous expose à trois risques majeurs :

Le risque juridique et financier

Louer un bien interdit vous expose à des sanctions lourdes. Un locataire saisonnier bien informé (et ils le sont de plus en plus) pourrait se retourner contre vous s’il juge le logement indécent car impossible à chauffer en hiver ou fournaise en été.

La décote du patrimoine

C’est mathématique : un bien classé F ou G subit une décote importante à la revente (la fameuse « valeur verte »). Rénover, c’est sécuriser la valeur de votre capital immobilier.

La sanction des voyageurs (les avis clients)

C’est le point le plus immédiat. En 2026, les plateformes de réservation mettent de plus en plus en avant les critères de durabilité. Un logement mal isolé, c’est :

  • Des factures d’énergie qui explosent (et c’est vous qui les payez en courte durée !).

  • Un inconfort thermique pour les voyageurs.

  • Des commentaires assassins : « Appartement glacial malgré le chauffage à fond », « Impossible de dormir tellement il faisait chaud sous les toits ».

Une note globale qui chute en dessous de 4,5/5, et c’est votre taux d’occupation qui s’effondre.

Quelles solutions pour sortir du statut de passoire thermique ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il est souvent possible de gagner les deux précieuses lettres au DPE (passer de G à E, ou de F à D) sans tout casser.

Étape 1 : L’Audit Énergétique, votre boussole

Ne vous lancez pas dans des travaux au hasard. Le simple DPE ne suffit pas toujours pour définir une stratégie de travaux. L’audit énergétique réglementaire (obligatoire pour la vente de passoires) est un outil bien plus puissant. Il vous fournit des scénarios chiffrés pour atteindre la classe C ou B, en priorisant les actions.

Étape 2 : Prioriser les travaux efficaces

Le « geste » le plus rentable n’est pas toujours celui qu’on croit. Changer les fenêtres est visible, mais isoler les combles ou les murs par l’intérieur a souvent un impact bien supérieur sur le DPE. Les postes clés :

  1. L’isolation (toiture, murs, planchers bas).

  2. La ventilation (VMC double flux pour éviter l’humidité après isolation).

  3. Le chauffage (remplacement d’une vieille chaudière fioul ou de « grille-pains » électriques par une pompe à chaleur ou des radiateurs à inertie performants).

Étape 3 : Le casse-tête du financement (MaPrimeRénov’)

C’est le point douloureux pour les investisseurs. Les aides majeures comme MaPrimeRénov’ sont prioritairement fléchées vers les résidences principales. Pour une résidence secondaire louée en saisonnier, les aides sont plus limitées, mais elles existent :

  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : accessibles à tous, sans condition de revenus, versés par les fournisseurs d’énergie.

  • Certaines aides locales (régions, départements) qui encouragent la rénovation du parc touristique.

  • Le Déficit Foncier : si vous êtes au régime réel, le coût des travaux de rénovation énergétique est déductible de vos revenus fonciers, un levier fiscal très puissant.

Le rôle de la conciergerie : piloter votre mise en conformité

En tant que propriétaire, gérer une rénovation énergétique à distance est un cauchemar : trouver des artisans RGE (Reconnus Garants de l’Environnement), coordonner le chantier, gérer les imprévus…

C’est là que votre conciergerie devient un partenaire stratégique, bien au-delà de la simple remise des clés.

Une conciergerie moderne en 2026 doit pouvoir vous accompagner sur ce volet :

  1. Mise en relation avec des experts : Nous disposons d’un réseau de diagnostiqueurs et d’artisans RGE de confiance.

  2. Coordination de chantier (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) : Nous pouvons superviser les travaux en votre absence, vous faire des rapports réguliers et valider la fin de chantier.

  3. Optimisation du calendrier : Nous planifions les travaux pendant les périodes creuses pour minimiser la perte de revenus locatifs.

  4. Valorisation post-travaux : Une fois le bien rénové, nous mettons à jour l’annonce (photos, mention du confort thermique) pour justifier une augmentation du prix à la nuitée.

Conclusion

La fin des passoires thermiques dans la location touristique n’est pas une option, c’est une transition inéluctable. En 2026, attendre n’est plus une stratégie : c’est un risque majeur pour votre patrimoine.

Rénover votre bien classé F ou G, c’est transformer une épée de Damoclès en atout concurrentiel. C’est offrir un meilleur confort à vos voyageurs, réduire vos charges, sécuriser la valeur de votre bien et vous mettre en conformité pour les dix prochaines années.

Ne restez pas seul face à ce défi technique et réglementaire.

Votre logement est-il concerné par les interdictions actuelles ou futures ?  Contactez notre équipe pour un audit de votre situation et élaborer une stratégie de mise en conformité.

Sources officielles et références :

  • Loi Climat et Résilience (août 2021) : Calendrier de lutte contre les passoires thermiques.

  • Ministère de la Transition Écologique : Informations sur le nouveau DPE et l’audit énergétique.

  • France Rénov’ : Le service public pour s’informer sur les aides (MaPrimeRénov’, CEE).

  • Code de la Construction et de l’Habitation : Critères de décence du logement.